Comment [j’ai rallumé] ma flamme pour le BDSM (épisode 4)

Parfois, il suffit de changer d'angle pour voir les choses totalement différemment.

Pour moi, ce changement de point de vue s'est opéré lorsqu'on m'a contactée pour une proposition de session basée sur le shibari.
J'ai d'abord hésité sérieusement à accepter, étant, à ce moment-là, très peu formée et surtout pas assez assurée dans ma pratique des cordes pour me sentir à l'aise à l'idée d'accompagner quelqu'un dans une session où cette pratique serait centrale.

Avant de prendre une décision, j'ai tout de même pris le temps de me pencher sur la question : d'abord un peu honteuse de devoir reconnaître ne pas maîtriser suffisamment une pratique pourtant si "basique", j'ai fini par réaliser qu'aucun.e Dom n'est né.e avec un package des grandes bases du BDSM dans la tête (même si, j'en conviens, ce serait très commode) et que, si je n'avais pas, jusqu'ici, creusé cette pratique en particulier, non seulement c'est parce que je m'étais concentrée à développer mes connaissances et techniques sur d'autres... Mais qu'en plus, rien, absolument rien, ne m'empêchait de le faire maintenant.

Motivée par la bienveillance de la demande, j'ai donc finalement accepté, en précisant (bien entendu) mon niveau d'expérience et mon projet de me former en prévision de la session, ce qui a été tout à fait bien reçu et, même, encouragé.

J'ai donc fait mes petites recherches et mis en place un plan de formation bondage, cordes et shibari en béton armé pour me permettre de gagner en compétences autant qu'en confiance - merci d’ailleurs à Shibari Study pour la richesse de leurs cours ! Ce n’est absolument pas sponsorisé, mais si vous comprenez un peu l’anglais et souhaitez apprendre ou approfondir vos compétences dans l’art du shibari, je vous recommande chaleureusement leurs cours (que vous soyez la personne qui attache ou la personne qui est attachée, d’ailleurs, ils proposent des cours spécialisés pour les deux), l’abonnement est payant, mais ça vaut vraiment le coup (et le coût) !

Eh bien, sans que je ne m’y attende (même si accepter d’oser apprendre un nouveau skill BDSM était déjà un gros pas en avant, en soi), c’est cette petite période de formation intensive qui a fini de me remettre, pour de bon je crois, le pied à l’étriller du BDSM complice, exploratif et contemplatif, qui me manquait tant.

Avant de continuer, je précise, par souci de clarté et aussi parce que je suppose que certain.es d’entre vous me liront en ayant peut-être l’espoir de trouver des pistes pour guérir leur propre perte de flamme, que je ne pense pas que ce soit le shibari, en lui-même, qui ait été le remède à mes maux.
Je pense plutôt que c’est le simple fait de m’ouvrir à d’autres possibilités et de m’exposer à de nouvelles façons de pratiquer et d’incarner le BDSM, qui m’a permis de relancer la machine. Et, aussi - peut-être même surtout, parce que c’est très important - la qualité de l’ “environnement” dans lequel j’ai découvert le shibari (le fait d’être exposée à des scènes et modèles de relation attacheur.euse/attaché.e très saines, avec une très grande variété de corps, d’ambiances, d’intentions, d’émotions, etc.) - j’en avais déjà parlé dans les articles précédents, mais il ne faut pas minimiser l’impact qu’ont nos modèles sur nos conceptions et nos pratiques.

Si, vous aussi, avez une flamme à rallumer, je vous recommande donc de vous autoriser à redécouvrir le BDSM via de nouvelles pratiques, dans un cadre bienveillant et en ayant des modèles sains. Bien entendu, il vous faudra peut-être plusieurs essais : j’ai eu la chance de tomber au bon moment sur une pratique qui me convenait et une approche qui me correspondait, mais l’exploration reste le maître mot et l’essai-“erreur”, j’en suis persuadée, fait partie du processus !

Ce que le shibari a dénoué dans mon rapport au BDSM

En observant les scènes d’encordement proposées par les instructeur.ices et leurs modèles, j’ai été frappée par une forme de minimalisme que je n’avais, jusqu’à présent, jamais observée et encore moins envisagée, dans le BDSM.
Il y a, dans le shibari, un aspect de lenteur et, surtout, de contemplation. Même lorsque les mouvements sont assurés, même lorsque la tension monte d’un cran et que tout s’emballe, l’intention reste la même.

Et je trouve ça terriblement fort et beau de simplicité : deux personnes, quelques cordes et des émotions… et on a déjà une session.
Tout est déjà là. Contenu dans cette personne qui offre son abandon, cette autre qui créé, accompagne et joue avec la tension, les sensations, les émotions… et quelques mètres de fibres entortillées, pour relier les deux.

La mise en place ne se fait pas à la hâte, par crainte qu’elle prenne trop de temps sur le reste, elle est le coeur de la scène : imprimer la corde dans la peau, ajuster la tension, bouleverser l’équilibre, “ouvrir” puis “fermer” sa.on soumis.e, prendre du recul et observer quelques secondes ou minutes son oeuvre accepter peu à peu de fondre dans son cocon de corde…

Et puis, même la fin de la scène reste progressive : la corde est lentement guidée dans le chemin inverse, glissant et faisant frissonner la peau sur son passage.
De la seconde où la corde touche la peau pour la première fois et jusqu’à ce qu’elle la quitte totalement, chaque instant est sensoriel, intense et stimulant, sans qu’il n’y ait besoin de performer au delà de la présence (physique et émotionnelle) et de l’intention.

L’observer, encore et encore, pendant ma formation a permis à quelque chose de se débloquer dans mon rapport idéel (si si, ce joli mot - même si très peu utilisé en dehors des sciences humaines - existe : il définit une forme de représentation mentale, en opposition à une représentation matérielle, concrète) au BDSM.
Mais c’est finalement en passant à la pratique que ça a fait tilt.

Premières applications

Le jour de la session grâce à laquelle, indirectement, tout a changer, a fini par arriver. Après un long moment d’échange pour faire plus ample connaissance en réel, je me suis mise à l’ouvrage en reproduisant la routine appliquée sans relâche (sur des chaises, des fauteuils, mon partenaire de vie, etc.) depuis le début de mon entraînement : créer un point d’ancrage à partir duquel improviser enveloppements, compressions et étirements en prenant bien le temps de maintenir une tension suffisante (et adaptée aux envies de la personne attachée) dans la corde.

J’ai beau avoir passé des dizaines d’heures à regarder des sessions aussi intenses que lentes, avoir eu sous les yeux des modèles très sains de contrainte démontrant que le processus d’encordement (même très long) fait partie intégrante de la scène, je ne suis, lors de cette première session de shibari, pas parvenue à faire taire complètement mes alarmes internes, alertées par la durée de l’installation et à accepter qu’en prenant ce temps, je faisais, en réalité, exactement ce qu’on attendait de moi. J’avais peur, tout simplement, que mon soumis s’ennuie et décroche de la scène. J’ai tenu bon et pris mon temps, encouragée et rassurée par ses réactions (très positives !).

Au moment du débrief, j’étais pourtant anxieuse : 1h30 d’encordement et de jeux de sensations. Quatre cordes, une roulette de wartenberg, une balayette, un wand, une bougie et mes mains… n’est-ce pas trop peu de pratiques et d’accessoires pour satisfaire quelqu’un en quête de quelque chose de profond et d’une qualité professionnelle ?

Mais, c’est là que j’ai découvert encore autre chose, avec l’aide (extrêmement précieuse) de la personne que je venais d’attacher : ce n’est pas le nombre de pratiques abordées ni la variété de jouets et d’accessoires utilisés, qui assure une session intense et stimulante, mais plutôt la qualité de la relation, la lecture qu’on fait des réactions de l’autre et les réponses qu’on y donne, le fait de laisser le temps au corps de s’installer dans les sensations et de lâcher prise, aux sens de s’éveiller progressivement jusqu’à se mettre en exergue… bref, le fait de soutenir le moment, de le contempler tout en y infusant un peu (un maximum ?) de soi.

Là où j’avais l’impression de ne pas avoir fait grand chose, le soumis que j’accompagnais avais senti la corde glisser sur sa peau puis l’enserrer progressivement, guidée par la personne à qui il s’en remettais (moi). Et puis quelques mots, des rires complices, une forme de douce torture érotique, sensorielle, l’alternance de douceur et de douleur, de chaleur et de fraicheur, de contact et d’éloignement. Ma main qui s’amuse à tirer ou appliquer un peu plus de pression sur certaines cordes, à resserrer, provisoirement, encore d’avantage son cocon de jute, tandis que les zones les plus sensibles sont stimulées…

Pour la première fois depuis mes débuts, j’ai compris que “moins”, ça peut être plus. Que c’est l’intention et l’émotion que je peux mettre dans mes scènes qui les forgent et les rendent intéressantes.

Alors, la fois suivante, j’ai tenté de faire différemment.
J’avais en plus, entre-temps, eu l’occasion de rédiger et publier l’épisode précédent de cette série (où j’évoquais ma difficulté à m’impliquer émotionnellement et à prendre de la (ma ?) place dans les sessions que je créais) et étais donc doublement motivée à essayer d’aborder ma prochaine session avec un regard neuf et une façon de faire différente.
Lorsqu’un habitué très agréable m’a recontactée, j’ai profité de ce cadre plus rassurant pour oser m’affirmer un peu auprès de moi-même et choisir de travailler sur la qualité plutôt que sur la quantité.

Là où j’avais l’habitude d’emporter quasiment toute ma collection d’accessoires (juste au cas où, pour avoir toujours une nouvelle sensation, texture ou stimulation à rajouter), j’ai décidé de me faire confiance et de ne partir accompagnée que par mes cordes, deux ou trois accessoires pour les sensations, deux ou trois autres pour l’anal, mes gants et mon meilleur lubrifiant.

Cette session était incroyable.
Pour la première fois depuis très longtemps (peut-être pour la première fois tout court ?) j’ai ressenti son intensité (physique et émotionnelle) dans mes tripes. Nous étions deux à avoir le cerveau tout coton et les jambes flagellantes à la fin de la session. Et nous avons passé un bon moment à débriefer et nous accompagner mutuellement vers un retour à la vie de tous les jours.

Ce qui créé la scène

Comme je l’ai évoqué un peu plus haut, dès ma première session après mon changement de perspective, j’ai commencé à réaliser que je me trompais, depuis un moment (depuis mes débuts ?), sur la source principale de toute la valeur et l’aspect stimulant des scènes BDSM. J’avais intériorisé si fort l’idée (bien trop simplifiée) que plus de matériel = plus de variété et de pratiques possibles = des sessions plus intenses et stimulantes = plus de désidérabilité et de légitimité en tant que Dom (pro, qui plus est), que j’ai fini par complètement oublier que moi aussi (surtout !), j’apportais quelque chose de précieux à mes scènes. Sensation d’ailleurs largement validée par la session suivante, qui fut rendue extrêmement agréable par le simple fait que je laisse plus de place à moi et à mon partenaire de jeu qu’à mes accessoires.

Découvrir, en me formant au shibari, en le voyant pratiqué (par des personnes très expérimentées), puis en expérimentant moi-même, cette possibilité que (pour reprendre mes mots) “Tout est déjà là. Contenu dans cette personne qui offre son abandon, cette autre qui créé, accompagne et joue avec la tension, les sensations, les émotions… et quelques mètres de fibres entortillées, pour relier les deux.” et qu’il n’en faut pas forcément plus pour créer une scène aussi esthétique qu’intense, m’a permis de réfléchir à mon rapport au matériel, dans le BDSM, à la place, à la valeur que je donnais à mes accessoires dans ma pratique et, surtout, de remettre en question celles que je me donnais à moi.

J’ai réalisé que ni ma collection d’accessoires ni le fait que je m’applique religieusement à explorer TOUTES les pratiques demandées en une seule session, ni ma fâcheuse tendance à passer d’un jouet ou d’une position à l’autre toutes les X minutes par peur que la personne s’ennuie et encore moins le fait de m’épuiser mentalement pendant toute une session à essayer d’impressionner l’autre avec mon capital BDSM (connaissances et matériel) dans une tentative presque désespérée de me rendre le plus “crédible” possible, ne participe à créer, in fine, cette ambiance et cette intensité que je recherche tant.
Bien au contraire.

Ce ne sont pas les pratiques ou les accessoires qui créent la scène, mais moi et, par extension, ma ou mon partenaire de jeu et ce que nous y apportons.
Je n’y suis pas encore, mais on peut, techniquement, dominer sans aucun accessoire. C’est donc bien la preuve que ces derniers le sont vraiment (accessoires).
Depuis des années, je cherche à performer mieux, à offrir plus… et, tout d’un coup, je réalise
que je peux considérer que ma présence, ma sensibilité, mes envies, mon regard et ma manière d'être sont déjà suffisamment intéressants pour constituer une expérience.
Cette réflexion m’a tourmentée pendant un moment.

Je pense que, quelque part, elle m’a donné de l’espoir et m’a rassurée autant qu’elle m’a inquiétée : c’est une chose de manquer de confiance en sa pratique et en sa légitimité de Dom lorsqu’on estime qu’on doit chercher la crédibilité à l’extérieur de soi, dans un capital de connaissance et de matériel que le temps et l’argent peuvent acquérir. C’est autre chose de réaliser et d’accepter qu’on a déjà (et depuis le début !) tout ce qu’il faut en soi, que le plus gros de la richesse qu’on peut apporter dans une session est déterminé par ce qu’on s’autorise, ou non, à ressentir, à exprimer, à partager, par l’estime qu’on porte à soi-même et par la confiance qu’on a en notre propre valeur.

Alors, j’ai commencé à m’exercer à me faire confiance, à écouter mon instinct et le laisser reprendre du lead, à m’approprier un peu plus mes scènes, aussi et à redonner la juste valeur à mes accessoires : ils sont des outils très pratiques pour explorer certaines sensations, mais ils ne sont pas essentiels.
Ma présence dans le moment, physiquement et émotionnellement, en revanche, l’est.

Les évolutions que j’observe

Depuis quelques semaines que j’essaie de garder au maximum ces réflexions à l’esprit, je vois déjà de belles évolutions dans mon rapport au BDSM et à ma façon de le pratiquer :

  • Je questionne plus régulièrement et plus naturellement mes aspirations BDSM du moment : qu’est-ce que j’ai envie de pratiquer en ce moment / aujourd’hui ? Comment ?

  • Si une proposition ne m’inspire pas d’enthousiasme, j’hésite, encore moins qu’avant, à la refuser. Et sans culpabiliser !

  • Je ressens beaucoup moins le besoin d’explorer toutes les pratiques demandées en une seule session : prendre le temps d’en explorer une ou deux en profondeur me semble bien plus souhaitable pour tout le monde que d’enchainer les pratiques comme les lignes d’une to-do list qui n’ont parfois rien à voir les unes avec les autres.

  • Je développe un rapport au temps beaucoup plus léger. Là où la durée des sessions me rendait nerveuse (je craignais que ma.on soumis.e s’ennuie et “décroche” de la scène par manque de stimulation), je me surprends de plus en plus à le percevoir non comme une pression mais comme une opportunité de prendre le temps, d’explorer plus en profondeur, de m’amuser, de partager…

  • En extension du point précédent : j’observe l’autre et moi, aussi. Est-ce que je suis dans la scène avec l’autre ? Comment je peux encore plus m’amuser, encore plus ressentir, écouter et suivre mon instinct, ma curiosité - je fais taire plus facilement les jugements que j’ai envers moi-même.

  • Je tends (enfin) à perdre ma vilaine habitude de changer de position ou d’accessoire toutes les 3 minutes par peur que ma.on soumis.e s’ennuie. Je favorise le fait d’utiliser moins d’accessoires, de les choisir avec attention, de les utiliser avec intention et je prends le temps de contempler et d’écouter ce que je fais ressentir, de me demander comment je peux l’approfondir.

  • Je m’inquiète moins d’être ou d’apporter “assez” aux personnes que j’accompagne et je tends à faire davantage confiance à ce que je parviens à lire des réactions de l’autre qu’à mes insécurités. Et si j’ai un doute, je demande, tout simplement.

  • Après les sessions, je suis plus transparente concernant mes craintes, doutes, insécurités et encore plus ouverte à recevoir la reconnaissance, la réassurance et les compliments. Ça ne fait pas de moi une moins bonne Dom, une Dom moins légitime ou moins compétente. Ça rappelle simplement (à moi-même et à la personne en face) que je suis humaine et que, par conséquent, j’ai des émotions et des besoins fondamentaux d’humaine !

  • J’observe aussi que le sentiment d’urgence à acheter toujours plus de matériel et de nouveaux jouets pour que les sessions “restent stimulantes”, me quitte peu à peu : quelques accessoires versatiles (dont mes cordes, bien-entendu !) et ma présence, mes intentions et les émotions que je parviens à infuser dans la session, me semblent de plus en plus suffisants.

Tout cela n’est, bien entendu, pas parfaitement appliqué à chaque fois, déconstruire et reconstruire son rapport à quelque chose étant un exercice de longue haleine… mais j’ai la sensation qu’observer autant de changements positifs en si peu de temps, c’est plutôt bon signe pour la suite !

Être servie pour qui je suis et non pour ce que je fournis

Le hasard (ou l’intelligence de l’algorithme, allez savoir) a voulu que, quelques jours après ces réflexions, je tombe sur le post d’une collègue, qui reprenait son parcours de Dom pro et qui disait, dans l’une de ses slides “I focused on getting served for who I am and not for what I provide.” - “Je me suis concentrée sur le fait d’être servie pour qui je suis et non pour ce que je fournis.”

Cette phrase m’a beaucoup touchée. D’une part parce qu’elle fait écho au concept de valeur de soi en tant que personne et non en tant que service, évoqué un peu plus haut et que je commence tout juste à appréhender, mais aussi parce qu’elle ouvre l’idée de la légitimité à recevoir (être servie), intrinsèque au fait de “juste” être soi.

Je pense que c’est un joli point de focus à avoir lorsqu’on est Dom et, aussi, lorsqu’on est Dom pro (ou même pour tout le monde tout court, d’ailleurs) : être respecté.e, désiré.e et honoré.e, servi.e pour ce qu’on est, authentiquement.
Et construire ses relations BDSM (ou pas !) à partir de là.

Pour ça, il faut d’abord, je pense, s’autoriser à être soi (du moins, tendre vers le fait de l’être le plus possible), dans nos pratiques du BDSM. Être Dom (mais l’idée fonctionne tout aussi bien pour les sub), c’est “jouer un rôle”, certes. Mais je pense (et c’est là, certainement, que je me suis tellement perdue en route que ma flamme n’a pas tenu), qu’on gagnerait tous.tes à écouter un peu mieux et à laisser un peu plus de place à ce qui nous vient naturellement dans notre façon de Dominer, sans chercher à tout prix à performer, à ressembler un peu plus à X ou Y modèle qu’on a ou idée qu’on se fait de ce qu’est le BDSM et comment on le pratique. Parce qu’en vrai, je pense qu’on a tous.tes une façon de faire plus naturelle, plus instinctive… et que c’est en l’acceptant et en la laissant s’épanouir qu’on parvient à créer un BDSM enfin satisfaisant.

Si le shibari (et, surtout, le fait de regarder des gens le pratiquer) m’a permis de comprendre une chose essentielle, c’est que tout le monde a sa façon d’incarner le BDSM : dure ou complice, violent ou doux, froid ou chaleureux, autoritaire ou artistique… et qu’aucune n’est fausse, mauvaise ou moins légitime.

J’ai oublié ça.
Longtemps.
Certainement parce que l’aspect professionnel m’a poussée à chercher et à montrer la performance plus que l’authenticité.

Alors voilà, enchantée :
Moi, c’est Osmie et ma façon de faire naturelle, c’est de maintenir le lien, de plaisanter, d’humilier, parfois, gentiment (toujours avec consentement), de passer peut-être par des phases plus intenses, sérieuses voire violentes, mais jamais très longtemps et toujours en réconfortant après. Ma façon de faire naturelle, c’est de prendre soin, de nourrir la complicité , d’explorer et de laisser s’exprimer mon côté “savante folle” en expérimentant avec les sensations, les réactions et les émotions de l’autre. Je me délecte aussi de rechercher l’esthétisme dans ma pratique : une position, des couleurs, une ambiance lumineuse, l’organisation des marques laissées sur la peau… j’aime photographier, garder des souvenirs (avec consentement), pour partager ou non, laisser une trace pour l’autre, en garder une pour moi…
Voici déjà un bon aperçu de mon approche.

Ça m’inquiète de le poser là. Je dirais même que ça me fait me sentir un peu toute nue.
Mais ce faisant, j’espère vous donner le courage nécessaire pour faire de même et formuler, au moins à vous-mêmes, qui vous êtes, authentiquement, en tant que Dom (ou sub, encore une fois ça fonctionne aussi !)

Bon. Et maintenant ?

A ce stade, j’estime que j’ai bel et bien rallumé la flamme : l’envie est revenue, l’enthousiasme est bien présent (plus que jamais, d’ailleurs !) et le tout tient depuis maintenant un moment et semble même se consolider avec le temps !
Ouf.

Je laisse donc cette série en suspens pour le moment.
Maiiiis, je ne la clos pas totalement !
J’y reviendrai, certainement dans quelques mois, peut-être un an, pour faire un nouvel état des lieux et surtout analyser de nouveau mon parcours de réflextion avec du recul : qui sait, peut-être y’a t-il des bouts de ma réflexion qui sont un peu erronés ou qu’il me manque encore pour parfaire le raisonnement.

En attendant, je continuerais à questionner, régulièrement, mon rapport au BDSM et à ma pratique… et je vous encourage à faire de même (que vous ayez un problème de flamme ou pas, d’ailleurs !).

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Comment j’ai perdu la flamme pour le BDSM… (épisode 3)