Depuis mes débuts, j’observe que vous êtes nombreux.ses à hésiter et à avoir du mal à comprendre ce qui vous convient le mieux entre le virtuel, le réel (ou, pourquoi-pas, un mélange des deux), ce qui les différencie et, surtout, les besoins que chacune des deux options peut combler… ou pas !
Vous êtes aussi de plus en plus nombreux à me demander de commencer en virtuel avant de poursuivre en réel, ce que je refuse la majorité du temps sans toujours trouver les mots pour expliquer pourquoi (car la réponse est longue, preuve étant que j’ai pu en faire tout un article).
Alors, pour répondre une fois pour toutes à ces confusions, il me semblait important de vous partager mon point de vue et mon expérience à ce sujet. Non pas pour dire qu’une des deux options est meilleure que l’autre, mais pour vous permettre, lorsque vous envisagez de pratiquer en virtuel, de faire ce choix de manière éclairée.
Avant de commencer, une petite précision s’impose : même si je ne le spécifie pas à chaque fois, j’évoque surtout ici le BDSM en virtuel et en réel impliquant l’accompagnement d’un.e pro, étant donné que c’est ce que je connais le mieux, de par mon expérience personnelle et vos témoignages. Ceci étant dit, mis à part les points impliquant l’aspect pécuniaire, j’imagine qu’une majorité de ce que j’aborde s’applique également pour les échanges BDSM en virtuel et en réel n’impliquant aucun.e pro.
Mon rapport au virtuel
J’ai commencé ma carrière il y a 10 ans maintenant. Six de ces années, je les ai exclusivement consacrées au virtuel. Ce serait un mensonge d’affirmer qu’il n’y a rien d’intéressant à proposer en virtuel et que je ne m’y suis jamais amusée.
Malgré tout, quand j’ai commencé le réel il y a quatre ans, j’ai eu l’impression de “vraiment” découvrir le BDSM, au point, je dois bien l’avouer, de mettre de plus en plus de côté le virtuel.
Si j’ai développé une nette préférence pour les rencontres en réel, c’est parce que, de mon point de vue en tout cas, avoir la personne en face permet un champ de jeu et d’exploration bien plus vaste et, peut-être aussi bien plus libre. Même si une certaine forme de contrôle est bien entendu possible en virtuel, je trouve qu’il est bien plus concret, palpable, lorsqu’on a réellement, physiquement, quelqu’un à “porter” / “tenir” / “soutenir” (“to hold somebody”, sonne terriblement mieux en anglais, je trouve), lorsqu’on a plus à réfléchir et à formuler des instructions, étapes par étapes, mais qu’on peut, tout simplement, les incarner.
Tout le monde, je pense, sera d’accord pour convenir qu’il y a une nette différence entre dire “Agenouille-toi et baisse la tête. Maintenant attrape la cravache et donne-toi 25 coups pour moi…” et le fait de guider, main sur la nuque, un corps nu et tremblant de tension et d’humilité jusqu’à le faire, effectivement, plier, puis maintenir sa tête baissée en lui infligeant 25 coups de cravache. Moi, en tout cas, j’en vois clairement une. Je pense que vous n’aurez pas grand mal à deviner laquelle me procure le plus de satisfaction.
Et je pense ne pas être la seule, que ce second scénario tente le plus : avec les années, j’ai pu constater que les soumis les plus impliqués et épanouis sont, en général, ceux qui finissent par sauter le pas du réel - qu’ils continuent, ou pas, de pratiquer conjointement an virtuel. Ceux qui n’avaient pratiqué qu’en virtuel ou ne s’autorisaient pas le réel, même avec de grands projets de construction de relation suivie (pour laquelle, ils n’avaient - comme c’est étonnant - jamais trouvé chaussure à leur pied), repartaient souvent aussi vite qu’ils étaient arrivés… faute d’y trouver la stimulation recherchée.
Leur problème, j’ai fini par le comprendre, ce n’était pas de ne pas trouver la personne et la façon de faire qui leur convenait… c’était que leurs attentes n’étaient tout simplement pas compatibles avec le mode de relation choisi (le virtuel).
Et je pense qu’il est nécessaire de comprendre une chose : le BDSM en virtuel et le BDSM en réel ne permettent pas les mêmes choses. Il s’agit de deux modes de relations présentant chacun des apports et des limites spécifiques qu’il s’agit de prendre en compte pour réellement s’approprier et s’épanouir dans son exploration BDSM.
Le virtuel : du bricolage et un fort tenant psychologique
J’ai l’impression que, lorsqu’on se dirige vers la domination professionnelle, on tend, en général, à commencer par le virtuel, en se disant qu’il permet plus de choses pour moins d’investissement et de risques que le réel :
Découvrir ce qui nous plaît, essayer plusieurs pratiques et les explorer sans avoir à craindre que ça n’aille trop loin (puisqu’on reste en contrôle de la situation).
Jouer avec plusieurs partenaires pour essayer des approches différentes (et, éventuellement, choisir LA personne avec laquelle on souhaite poursuivre en réel).
Pour les plus motivé.es, pratiquer plus régulièrement ou être accompagnés sur la durée : le virtuel avec un.e pro se prêtant plus volontiers que le réel à l’établissement d’une dynamique s’inscrivant dans la quotidien sur du plus ou moins long terme (se rapprochant d’une dynamique dite “24/7” - 24h/24, 7j/7).
Les grand.es timides, celle.ux qui ne sont pas à l’aise avec leurs émotions et leur vulnérabilité, ou même celle.ux qui ressentent de la honte vis-à-vis de leurs kinks, apprécient en général aussi le fait de ne pas avoir à “affronter” lae Dom en face, de maintenir un rapport plus impersonnel et/ou fantasmé.
Le virtuel donne plus de contrôle à la personne qui se soumet, puisqu’elle reste, in fine, libre de réaliser ou non les instructions reçues, avec, en plus, une grande part de subjectivité : même si lae Dom peut préciser ses instructions (en indiquant une durée, un rythme ou une intensité précise, par exemple) ou même reprendre ou punir si iel estime que la réalisation de l’ordre donné n’était pas à la hauteur de ses attentes… iel abandonne tout de même une grande part de contrôle à la personne soumise qu’iel accompagne.
Même si ça peut sembler être un point négatif du BDSM en virtuel, c’est aussi une corde sur laquelle il peut être très intéressant de jouer : se mettre soi-même, volontairement, dans telle situation ou s’infliger quelque chose juste parce que quelqu’un (qui n’est même pas dans la même pièce, parfois même pas dans la même ville ou dans le même pays !) nous l’a demandé… peut être délicieusement humiliant.
Dans une relation BDSM virtuelle, la personne qui domine peut aussi devenir une sorte d’icône intouchable, inapprochable (peut-être qu’on ne mérite pas ?) et on peut facilement la fantasmer, l’idéaliser… ce qui peut être, encore une fois, très agréable, si c’est ce qu’on recherche.
Mais, de la même façon qu’on ne peut pas vraiment se chatouiller soi-même, parce que l’organisme n’est pas du tout en alerte de la même façon lorsqu’on effleure nous-mêmes nos flancs, nos aisselles ou nos pieds que lorsque quelqu’un d’autre “menace” de le faire, tous les ordres à base de sensation seront, en général, moins intéressants. Une série de 10 coups, par exemple, n’aura absolument pas le même impact (physique comme mental) si elle est administrée “en personne” par lae Dom que si on se l’inflige soi-même, sous ses instructions. Pareil pour des griffures ou des effleurages…
Dans la même veine, stimuler soi-même son sexe ou sa prostate, même sous les instructions de la personne qui nous domine, n’aura pas les mêmes effets que si iel le faisait vraiment, sur nous, ni en termes d’excitation, ni en termes de sensation, d’ailleurs. Exactement de la même façon que partager de la sexualité avec un.e partenaire ou se masturber seul.e, ne stimule pas de la même façon : l’un n’est pas forcément plus agréable que l’autre, mais ça dépend de ce qu’on cherche à ressentir physiquement et mentalement sur le moment.
Le lâcher prise ne peut être que partiel : la.e soumis.e doit préparer la scène (matériellement, en tout cas), rester attentif.ve aux instructions, réfléchir à comment les réaliser, gérer ell.ui-même tous les aspects techniques avant, pendant et après la session… Tout cela représente une sacrée charge mentale dont la personne qui domine ne peut pas totalement soulager sa.on soumis.e.
Enfin, certaines pratiques sont proscrites car soit techniquement (quasiment) impossibles à réaliser seules, ou pas assez safes pour être intégrées sans être supervisé.e, surveillé.e, accompagné.e.
Il existe, évidemment, souvent des alternatives à mettre en place et qui peuvent être très intéressantes à explorer, d’ailleurs : le virtuel impose souvent de redoubler d’imagination, de “bricoler” un peu (parfois littéralement) et on se retrouve, finalement, à explorer des variantes qu’on aurais jamais testées si on n’avait pas eu à s’adapter à ces contraintes.
En résumé, le virtuel peut être ressenti comme plus sécurisant et reste plus économique que le réel à durée et occurence égales (en tout cas lorsqu’on souhaite être accompagné.e par une professionnel.le). Il impose tout un tas de contraintes qui peuvent être ses points faibles (exploration des sensations et des émotions moins intenses, lâcher-prise partiel, devoir assumer soi-même toute la dimension matérielle, etc.) autant que ses points forts (se prête naturellement à des pratiques d’humiliation et de vénération, nécessité d’adaptation qui ouvre des opportunités d’exploration et une pratique parfois plus créative, etc.)
Le réel : du lâcher-prise et de l’exploration plus “concrète” et physique
Le réel permet d’explorer autrement : là où le virtuel, comme je l’ai évoqué plus haut, peut apporter une forme de sécurité, je trouve qu’il y a un aspect très intéressant dans le fait de s’autoriser à expérimenter cette sensation de vulnérabilité émotionnelle et/ou physique (plus ou moins intense, selon les personnes et leur niveau de confort social) en présence de quelqu’un d’autre, formé, expérimenté et dont l’objectif est de recevoir pleinement tout ce que vous êtes. Il y a, dans ces moments-là, une chimie intense qui se joue (au niveau du cerveau) et qui apporte un grand sentiment de sécurité et de bien-être… mais je laisse le sujet de la chimie du cerveau pour un autre article !
Dans la même vague, la notion de perte de contrôle a forcément un impact sur l’expérience. En réel, même lorsqu’il n’y a pas de contrainte à proprement parler, on peut se laisser bien plus porter qu’en virtuel (où il faut, en général, être assez actif.ve pour réaliser les ordres ou mettre en oeuvre les situations proposées). Cette situation, en tant que soumis.e, permet de ne pas avoir à se concentrer sur le déroulé et l’organisation de la scène… et donc d’être bien plus dans ses sensations (physiques autant que mentales, d’ailleurs !).
Le réel permet aussi d’être confronté physiquement à sa.on Dom, ce qui peut renforcer le sentiment de soumission. Se sentir tout.e petit.e et à côté d’une personne qu’on admire, ça peut bien sûr se fantasmer, mais le vivre en vrai, c’est quand même tout à fait autre chose !
Multiplier les partenaires de jeu, lorsqu’on se trourne vers des Doms pros, est beaucoup moins faisable en réel, car cela revient vite très cher… mais un.e Dom, en réel, vient avec toute une panoplie de jouets et d’accessoires auxquels on n’aurait pas eu accès autrement (je pense sincèrement que peu de personnes peuvent se permettre d’investir autant dans une collection d’accessoires BDSM aussi fournie et qualitative que celles des Doms pros) et qui permettent, en général, une exploration des pratiques encore plus poussée et d’affiner grandement la connaissance de soi et de ce qu’on aime ou pas.
Un rythme moins “prenant” (moins régulier ou plus extérieur) dans le quotidien, ainsi qu’une certaine distance, son parfois préférés. La session est alors une parenthèse, un moment liminaire, un peu en dehors de la réalité, presque onirique : quand on en sort, on retourne au quotidien comme après avoir pris une grande bouffée d’air frais. Et on peut mettre les préoccupations liées au BDSM de côté jusqu’à la prochaine fois. Lors d’échanges en virtuel, il me semble que la frontière est plus difficile à placer. D’une part parce que les sessions ont généralement lieu là où on vit, dans le cadre quotidien et, d’autre part, parce que nos portables sont toujours plus ou moins proches de nous et qu’on est finalement jamais bien loin de nos messageries instantanées. Dans ce contexte, il n’y a donc pas de sortie “concrète” de la séance.
Autre point non négligeable : la présence et la supervision directe du ou de la Dom permettent d’explorer une palette bien plus large de pratiques (dans la limite des limites des personnes impliquées bien entendu) : celles qui ne sont pas faisables seule (je pense, par exemple, aux jeux de contrainte et d’encodrement plus poussés, mais il y en a plein d’autres) et celles qui seraient carrément dangereuses et qui nécessitent l’accompagnement d’une personne formée (breath-play, knife-play, etc.) pour en atténuer les risques.
S’il permet une exploration BDSM plus “concrète” et relationnelle, on ne peut par contre pas le nier : le réel est bien plus coûteux (à occurrences égales) et demande plus d’organisation (et de préférence plus de recherche aussi, pour s’assurer d’investir dans une rencontre qui nous correspondra au maximum). Il se prête donc vraiment moins bien, en tout cas, seul (et c’est là son principal défaut), à la construction d’une relation plus régulière, avec ses rituels, ses routines et ses temps d’échanges plus longs et plus fréquents.
Pour résumer, le réel permet de s’en remettre à la personne qui domine et de lui donner, si ce n’est tout, au moins un maximum de contrôle. Cette vulnérabilité implique un registre très riche de possibilités de sensations physiques et émotionnelles, autant qu’une certaine forme de distance en dehors des sessions de jeu, qui sont souvent plus éloignées les unes des autres en terme d’occurences, ce qui peut être un avantage autant qu’un inconvénient selon le type de dynamique recherchée.
Le virtuel n’est pas une version d’essai du réel
L’un des problèmes que je rencontre régulièrement depuis que j’ai commencé le réel, c’est qu’on me demande souvent s’il est possible de commencer en virtuel avant de passer au réel, “si ça se passe bien”. Si je ne vois absolument aucun inconvénient dans l’idée de pouvoir changer d’avis si une approche spécifique ne convient pas (l’objectif premier reste, après tout, de passer un bon moment et de soutenir l’épanouissement des personnes qui me contactent), il n’en va pas de même pour ce genre de demandes.
A ce stade de l’article, je pense que vous l’avez bien compris : le BDSM en virtuel et le BDSM en réel sont très différents et ne permettent, en conséquence, vraiment pas les mêmes choses. Il s’agit de deux modes de relation et d’échange à part entière. Commencer par l’un (on ne va pas se mentir, principalement parce qu’une session d’une heure en virtuel coûte bien moins cher que son “équivalent” en réel) pour “tester”, dans l’objectif de voir si la deuxième option pourrait nous satisfaire, ne fonctionne absolument pas.
Le réel peut répondre aux attentes du réel.
Le virtuel peut répondre aux attentes du virtuel.
Mais la satisfaction ou l’insatisfaction tirée de l’une de ces deux experiences ne permet pas de prédire la satisfaction ou l’insatisfaction qu’on pourrait tirer de la seconde.
Faire un amalgame en imaginant que le deux sont interchangeables, c’est non seulement s’exposer à un risque de déception assez élevé (parce qu’on choisit des modalités qui ne peuvent pas répondre à nos attentes), mais c’est aussi risquer de tirer des conclusions erronées (au mieux “ça ne m’a pas plu, le réel avec elle ne me plaira pas”, au pire “ça ne m’a pas plu, le BDSM ce n’est peut-être pas pour moi, finalement…”).
Alors, bien-sûr, en virtuel on voit quand même certaines choses : si le courant passe bien, si on se sent à l’aise et en sécurité avec la personne, si elle semble avoir des connaissances, etc. Et, en effet, commencer par échanger en virtuel me semble tout à fait pertinent, dans tous les cas, ne serait-ce que pour s’assurer qu’on ne rencontre et qu’on n’investis pas dans n’importe qui. Ce n’est pas rien, une rencontre BDSM, c’est très intime et vulnérabilisant. Il me paraît donc très sain de chercher une certaine dose de feeling avant de se lancer.
Mais prendre le temps d’échanger en virtuel pour voir si ça pourrait coller, ce n’est pas la même chose que de chercher à jouer en virtuel pour évaluer l’autre sur sa capacité à répondre à des attentes impossibles à réellement combler autrement qu’en réel et en ayant plus ou moins bien conscience des limites imposées par le cadre virtuel.
J’observe que, bien souvent (que cette notion d’évaluation soit consciente et assumée ou pas), les personnes avec qui j’accepte de commencer en virtuel pour “essayer”, ne passent finalement jamais le cap du réel. Une bonne partie ressort d’ailleurs troublée de l’expérience, incapables de comprendre pourquoi, malgré le fait qu’humainement, tous les voyants soient au vert, l’expérience ne correspondait pas à leurs attentes.
J’ai d’abord cru que je m’y prenais mal. Et je n’étais pas la seule d’ailleurs : je pense que pour beaucoup, l’explication facile a simplement été de conclure que je n’avais pas les skills nécessaires pour satisfaire leurs envies. Avec le temps et le recul, je commence à comprendre que l’explication se trouve ailleurs : l’expérience demandée n’était tout simplement pas compatible avec leurs attentes.
Pour reprendre mon exemple du début, il est absolument évident (et bien normal !) que quelqu’un qui souhaite être guidé, main sur la nuque, en étant tout tremblant de tension et d’humilité jusqu’à plier et, être maintenu tête baissée pour recevoir des coups de badine, ne soit pas aussi stimulé qu’il le pensais en recevant une instruction pourtant similaire dans l’idée : “Agenouille-toi et baisse la tête. Maintenant attrape la cravache et donne-toi 25 coups pour moi…”. Ce n’est pas la même experience.
On ne peut pas attendre du virtuel la même chose que du réel.
Ceci étant dit, il y a, évidemment (et on l’a vu plus haut), beaucoup de points spécifiques au virtuel qui peuvent, si on reconnaît leur richesse et qu’on parvient à les exploiter correctement, beaucoup apporter à une dynamique BDSM !
Comment j’apprécie le BDSM en virtuel
Quand on imagine du BDSM en virtuel, on pense souvent aux listes d’ordres et aux sessions par messages, appels ou cams, basées sur l’enchaînement d’instructions et le fait de jouer sur un délicieux sentiment de honte. Ce genre de virtuel-là, même s’il est très demandé, certainement parce que c’est la forme la plus courante dans l’imaginaire collectif, il ne m’intéresse pas.
Pour ma part, je trouve que c’est dans l’optique d’une construction ou de l’approfondissement de relations BDSM à moyen ou long terme que le virtuel brille et prend vraiment tout son sens. C’est en tout cas dans ce genre de contexte que j’apprécie le plus de le pratiquer et qu’il semble le plus satisfaisant et épanouissant pour les soumis.es que j’accompagne.
Contrairement au réel, le virtuel se prête particulièrement bien au fait d’inscrire sa domination dans le quotidien d’un.e sub, ce que je trouve très gratifiant en tant que Dom. Voici, pour exemple, quelques petites choses concrètes que je peux mettre en place dans une relation virtuelle et qui me semblent, ma foi, très intéressantes :
Renforcer le sentiment de soumission, en mettant en place des routines, des rituels ou des habitudes (entrées régulières dans un journal de soumission, routine d’hygiène, passer X temps tête baissée face à un.e photo de sa.on Dom, etc.)
Poser des règles qui “illustrent” ma présence et mon autorité même lorsque je ne suis pas là (horaires de réveil/couché, horaire ou composition des repas, temps d’écran, utilisation d'un contrôle parental, budgétisation, etc.)
Modeler mes soumis en proposant des exercices adaptés aux objectifs que nous posons ensemble (objectif progressif de durée de port de plug ou de dispositif de chasteté, étirements spécifiques pour faciliter ou rendre un peu plus confortable la contrainte dans certaines positions, etc.)
Soutenir leur développement ou l’affirmation de leur soumission via des audios à réécouter régulièrement (affirmations positives ou négatives, rappel des règles, “hypnose”, méditations, exercices guidés, encouragements, etc.)
Je trouve qu’une forme d’échange régulier (ne me demandant pas une présence quotidienne, parce que je ne tire aucun plaisir à la pression), en plus de tous ces outils, approfondit encore davantage la dynamique, en la nourrissant et en la faisant évoluer. Ces échanges peuvent prendre la forme autant de petits défis spontanés que de conversations-débriefs permettant d’orienter la suite.
On note, quand même, à ce sujet, que malgré le fait que j’évoquais plus haut l’avantage financier, à durée et occurence égales, du virtuel par rapport au réel, une dynamique plus poussée comme je la présente ici représente, mine de rien, un certain coût, surtout si on l’entrecoupe de moments de jeu (en virtuel ou pas)… donc finalement, niveau budget, la différence entre les deux n’est pas si importante qu’on pourrait l’imaginer.
Je pense, dans tous les cas, qu’une clé importante pour un BDSM virtuel stimulant et agréable, c’est d’avoir conscience de ce qu’il permet, mais aussi de ses limites et d’ajuster ses attentes et pratiques en fonction.
Virtuel et/ou réel : choisir ce qui nous convient le mieux de manière éclairée
Il n’y a pas de “mieux” ou de “moins bien” entre virtuel ou réel : ce sont, tout simplement, deux façons d’expérimenter le BDSM assez différentes, chacune avec ses apports spécifiques et ses limites… bien au-delà d’une différence de tarifs ou de simplicité d’organisation !
Mon objectif en écrivant cet article, c’était à la fois de vous présenter ces spécificités et d’exprimer le rapport que j’entretiens avec, mais aussi, par extension, de vous permettre de réfléchir de manière certainement plus éclairée, à ce qui vous convient le mieux là maintenant (et aussi plus tard, car dans la vie, rien n’est figé !) dans vos relations BDSM (avec moi ou pas, d’ailleurs !), qu’il s’agisse de virtuel, de réel ou d’un mélange des deux.
Là encore, je vais invoquer la sacrosainte introspection (le fait de d’entretenir un dialogue interne ouvert et sincère, avec soi-même) : vous seul pouvez savoir ce qui correspond le mieux à ce que vous souhaitez vivre ou partager !
Pour ma part, je me positionne ainsi : le virtuel, pourquoi pas, mais certainement pas en remplacement ou comme “version d’essai” du réel.
Maintenant que j’ai partagé mon expérience à ce sujet, je suis bien curieuse de la vôtre : quelle est votre approche du virtuel ? Et puis, surtout, est-ce qu’il y a des façons de le partager que je n’ai pas citées et qui le rendent particulièrement intéressant selon vous ?
A vos claviers !