Mes premières expériences en tant que Dom
Nos premières expériences nous forgent : elles nous permettent de comprendre ce qu’on souhaite reproduire ou faire différemment plus tard.
Mes deux premières expériences en réel en tant que Dom sont arrivées dans le cadre personnel, alors que j’étais déjà établie en virtuel depuis un moment (quelques années).
La première fut tout à fait catastrophique, mais elle m’a permis par la suite d’affirmer une direction plus patiente et bienveillante dans mes relations BDSM (quand je sens du respect et de la bonne volonté en face, bien entendu).
La deuxième fut très épanouissante et a fortement encouragé, je pense, le fait que je me lance (professionnellement) en réel, début 2022.
Dans ce petit article, je vous les raconte et je préciserai, à chaque fois, ce qu’elles m'ont appris et l’impact qu’elles ont eu dans mon parcours BDSM.
Ma première expérience en tant que Dom : ascendant, pression et mépris
J’ai rencontré L sur un site de rencontre qui n’avait rien à voir avec le BDSM, mais très vite, le sujet a été abordé. Je pratiquais déjà le BDSM de manière professionnelle, mais je n’avais pas encore expérimenté en réel. Lui, pratiquait depuis un moment et avait, à priori, beaucoup d’expérience. Il était switch, mais avait une affinité particulière avec le “côté” sub, qu’il voulait explorer davantage.
J’ai rapidement senti une forme de mépris de sa part : il me testait. Le fait que ma pratique s’arrête au virtuel et que je sois professionnelle, à dû constituer pour lui, à ce moment-là, une forme de double red-flag (“est-ce qu’elle s’intéresse vraiment au BDSM ou est-ce simplement une manière facile de gagner de l’argent, pour elle ?”, “Je vais devoir tout lui apprendre plutôt que de juste profiter… c’est pénible.”) autant que cela faisait de moi une sorte de trouvaille “rare” (les femmes dominantes ET ouvertes à pratiquer le BDSM de manière non professionnelle étant assez peu nombreuses), donc désirable à garder sous la main.
Plus tard, j’ai saisi qu’il se jouait déjà, dès nos premiers échanges, une forme d’ascendance : il était un peu plus âgé que moi, ingénieur avec un emploi stable et une carrière toute tracée (j’étais encore perdue au beau milieu de mes études et de la précarité) et il avait bien plus d’expérience que moi dans la pratique du BDSM.
J’ignore s’il en avait conscience ou pas, mais toujours est-il que jusqu’à ce que nos échanges prennent fin, je n’ai pas le moindre souvenir qu’il ait fait un effort dans l’objectif d’atténuer ce rapport de force à son avantage.
Je pense qu’à ses yeux, c’était à moi de faire les efforts pour ne pas me laisser écraser, “prouver” ma légitimité et ma capacité à dominer. J’observe toujours, d’ailleurs, que beaucoup de subs ont ce sale réflexe (très pervers - et pas dans le bon sens du terme) de tester les Dom qu’ils contactent en étant particulièrement pénibles, exigeants et en jouant sur leurs privilèges, en s’attendant à ce que, poussées à bout, elles “dévoilent” leur “autorité naturelle” et “prouvent” une certaine légitimité. Dans cet exercice, craquer, couper court ou simplement poser calmement une limite équivaut, pour ces “subs” à une forme d’aveu de faiblesse et donc d’aveu de fraude, puisqu’une “vraie Dom” les aurait remis à leur place.
Mais revenons à nos moutons.
Qu’il en ait eu conscience ou non à ce moment là, je pense que j’étais déjà devenue, pour lui, un objet sur lequel projeter ses fantasmes. Il avait, en tout cas, des attentes et s’en cachait à peine. Le message tacite était clair : “si tu ne parviens pas à me satisfaire, à incarner correctement mes désirs, alors c’est que tu es une fraude.”
J’étais jeune, peu confiante et moi, il me plaisait énormément physiquement et j’étais en quête de validation… alors au lieu de l’envoyer paître ou de couper court, j’ai espéré réussir à en valoir assez la peine. Après tout, j’avais parler de BDSM sur mon profil, alors j’avais l’impression de lui devoir quelque chose.
Après avoir discuté un moment, nous avons convenu d’une rencontre… Qui fut absolument catastrophique.
J’étais très mal à l’aise (ce qui est normal lorsqu’on ressent autant de mépris) et il parlait lui-même très peu. La conversation n’a donc jamais vraiment démarrée mais nous avons tout de même fini chez lui (où il n’a pas manqué de s’ouvrir une bière et d’allumer la télé pour regarder son émission de télé-réalité, toujours - bien entendu - sans parler). J’avais, réellement, la sensation que tout, dans ma présence, l’embêtait : le fait que je sois là, que je ne parle pas, que je ne le domine pas… même le fait que je puisse éventuellement partir semblait le décevoir.
Malgré le malaise ambiant, je reste des heures, ce soir-là. N’osant pas demander à ce qu’il me raccompagne chez moi. Il a finit (d’un air agacé) par me parler de protocoles BDSM et des listes de pratiques utilisées pour partager ses expériences, désirs et limites BDSM à de nouveaux partenaires de jeux. C’était “trop long” pour qu’on le fasse à deux, alors il me l’a envoyé par mail et m’a encouragée à remplir le document (seule) d’ici notre prochaine rencontre.
J’ai rempli le document.
Et nous nous sommes revus chez lui.
Il n’a même pas tenté de cacher son insatisfaction : j’étais à l’aise avec très peu de pratiques (ce qui est tout à fait normal lorsqu’on débute en réel et que tout un tas de nouvelles pratiques et de nouveaux objets rendent la liste des possibles encore plus impressionnante…) et il s’attendait, sans doute, à mieux.
Il aurait pu prendre le temps de reprendre la liste avec moi, de me présenter ses accessoires dans un contexte sans pression, valoriser ce avec quoi j’étais à l’aise et m’encourager à explorer à mon rythme, à mesure que ma confiance augmenterait. Il aurait pu faire de mon manque d’expérience un point de départ plutôt qu’une preuve de mon insuffisance.
Il ne l’a pas fait.
Il était agacé. Ce jour-là j’ai senti que je ne pourrais pas me défiler d’une injonction de session. Il m’a dit ce qu’il aimait, où étaient les jouets, m’a précisé qu’il avait besoin de ne pas parler ni répondre à des questions pour profiter de sa session… et il m’a laissée là, seule, avec son corps qu’il exigeait mutique, offert, étendu sur le lit, dans une chambre que je ne connaissais pas.
Je me souviens encore de l’angoisse que j’ai ressentie.
Mais j’étais désormais dos au mur.
Ce jour là j’ai perdu toute confiance en moi et en ma légitimité.
Je n’ai pas osé ouvrir la malle de jouets. Tout ce qu’elle pouvait renfermer m’impressionnait et me mettait en échec bien trop fort.
Alors j’ai improvisé, pendant ce qui m’a semblé être une éternité, une sorte de session basée sur le fétichisme des pieds. La seule pratique qui me semblait un minimum familière.
Et puis j’ai annoncé la fin de la session.
Je tremblais. Je me sentais si mal.
Mais tout ce qu’il a fait, c’est exprimer, encore une fois, sa déception et son agacement.
Quelques jours plus tard, il mettait fin à nos échanges. Indiquant que si je n’étais pas prête à le dominer (et il estimait que je ne l’étais pas), ça ne l’intéressait pas.
Et ouf, en vrai.
Qu’est-ce que ça m’a appris ? Comment ça a changé ma façon de pratiquer ?
Cette expérience m’a appris que les outils et protocoles BDSM ne suffisent pas à créer une relation saine : ce qui compte, c’est la façon dont ils sont utilisés et, surtout, la qualité du cadre relationnel dans lequel ils s’inscrivent.
Elle m’a permis de comprendre que les dynamiques d’ascendance (qu’elles soient réelles ou fantasmées, d’ailleurs) peuvent être délétères, si ce n’est extrêmement dangereuses, et que, “même” en tant que Dom, nous n’en sommes pas à l’abri.
J’ai désormais bien plus confiance en moi (ça aide !), mais je reste vigilante à la façon dont on me contacte, aux attentes qu’on fait (ou non) peser sur moi et à la manière dont se construit la relation dès les premiers échanges.
Ensuite, on voit, dans cet exemple, que le protocole “classique” a été suivi : échange d’une liste très complète de pratiques (type “oui”, “non”, “peut-être”), avec une volonté d’échange et de négociation à ce sujet.
On voit aussi que la personne se connaissait, connaissait ses envies, ses attentes, ses limites, ce qu’elle souhaitait partager et était tout à fait capable de les exprimer clairement.
Mais on constate aussi très bien que ça ne suffit clairement pas.
Je pense que le protocole, les listes de pratiques et les démonstrations de connaissance de soi peuvent être des outils pour soutenir un échange et une rencontre saine… mais qu’ils n’en sont en aucun cas une garantie.
Et puis, ils ont des limites non négligeables qu’il me semble important de considérer : Lorsqu'on découvre le BDSM, peu importe le “rôle” qu’il nous intéresse d’incarner, il est parfaitement normal de ne pas encore savoir distinguer ce qui nous enthousiasme, ce qui nous intrigue, ce qui nous inquiète ou ce qui constitue un véritable « non ». On peut donc rapidement se sentir complètement dépassé.e, trop impressionné.e ou découragé.e devant des pages et des pages de noms de pratiques ou d’accessoires dont on ne sait pas toujours déduire le sens ou l’objectif… dans cette mesure, peut-on vraiment considérer qu’un “oui” fait office de consentement éclairé ? Et comment distinguer un “peut-être” ou un “non” coché par crainte de se sentir dépassé.e, d’une réserve ou d’un refus réel concernant une pratique ?
En cas d’incertitude, j’utilise parfois les listes, mais toujours comme outil, comme support et avec mon accompagnement.
Je pars, désormais, de la personne, de là où elle en est de ce dont elle est curieuse. Et on brode, ensemble, à partir de ça.
Je n’hésite pas à donner des exemples de situations, qui permettent aussi aux personnes que j’accompagne de préciser leurs envies (parce que le pet-play, par exemple, ça peut être se faire traîner en laisse et forcer à manger de la pâtée froide dans une gamelle, mais ça peut aussi être recevoir des papouilles et rechercher un profond sentiment de sécurité et d’appartenance. Des nuances du genre, il y en a pour TOUTES les pratiques).
On me contacte avec une réelle envie de découvrir le BDSM et seulement quelques idées de pratiques “de base” ? Aucun souci : on part de là et on explore au fur et à mesure que la confiance grandit. La curiosité ne peut naître que dans un contexte où on se sent à l’aise et en sécurité.
Le social-time est systématique et je mets toujours un point d’honneur à prendre le temps de présenter mon matériel aux personnes que je rencontre pour la première fois, surtout lorsqu’elles débutent ou que certains objets sont nouveaux pour elles. J’explique, je touche, je laisse toucher, je propose de les tester sans pression, sans intensité, hors jeu. Je demande ce qui fait peur, ce qui pique la curiosité, je réponds aux questions et on prend le temps d’en parler : être à l’aise avec le matériel est primordial.
On tend à l’oublier lorsqu’on pratique depuis un moment, mais être à l’aise en présence, même d’un simple martinet, ne va pas de soi, lorsqu’on n’en a jamais vu ni manipuler. La peur peut être une émotion séduisante… mais seulement lorsqu’elle est ressentie dans un cadre de sécurité et de consensualité.
Je ne cherche pas la performance dans mes soumis.es, mais l’enthousiasme à jouer. Trop de stress ? On prend le temps qu’il faut pour l’écouter, l’apaiser et le transformer en complicité.
C’est d’ailleurs certainement parce que j’ai vécu ce genre de situations de l’intérieur que j’ai autant de facilité aujourd’hui à vous mettre à l’aise, même lorsque vous arrivez très angoissés !
Ma deuxième expérience en tant que Dom : patience, communication et complicité
Ma rencontre avec W a démarré à peu près un an après, presque de la même façon qu’avec L : sur un site de rencontre n’ayant rien à voir avec le BDSM, mais avec des conversations qui ont rapidement abordé le sujet. À la différence (primordiale) près, qu’en l’occurrence, celles-ci ne semblaient pas avoir pour but de presser le fait de pratiquer ensemble, mais plutôt de simplement s’offrir mutuellement un espace où en parler et se sentir écouté.
Le fait que je le pratique de façon professionnelle et toujours exclusivement en virtuel n’a pas eu l’air de me rendre moins crédible à ses yeux et, à aucun moment, je ne me suis sentie jugée ni testée : il semblait, au contraire, intrigué et s’intéressait beaucoup à cette façon de faire qui lui était assez étrangère, puisque même s’il avait déjà pas mal d’expérience, celles-ci avaient surtout impliqué du réel.
Point important également : même si le BDSM était très présent dans nos échanges (après tout, il l’était également dans nos vies à tous les deux), ce n’était absolument pas le seul sujet de conversation que nous avions. Et il me semble que nous partagions un objectif commun : celui de nous rencontrer, en tant que personnes, avec tout ce qui faisait ce que nous étions.
Lorsque nous nous sommes vus pour la première fois, j’étais, je pense, quasiment aussi stressée et peu à l’aise que lors de ma rencontre avec L. Mais au lieu d’avoir l’air agacé que la personne qui se présente comme Dom témoigne d’un certain degré de fragilité émotionnelle, il a pris le temps (autant qu’il le fallait) de me mettre à l’aise et nous avons finalement passé des heures à discuter dans un café, jusqu’à tard le soir. Encore une fois, le BDSM a été abordé, mais ce n’était clairement pas le seul sujet.
Motivés par cette première rencontre très agréable pour tous les deux, nous avons continué d’échanger et de nous rencontrer, de manière régulière. Nos rendez-vous gardaient à peu près la même structure, ce qui nous convenait très bien. Même si nous ne sommes pas passés par les protocoles classiques (avec liste de pratiques, d’envies, de limites etc.), un code du BDSM s’est naturellement mis en place dans nos échanges : les débriefs de début (de quoi on a envie ce soir ? Dans quel mood est-on ? etc.) et de fin (comment on s’est sentis ? Qu’est-ce qu’on a préféré ? Est-ce qu’il y a des choses qu’on aurait apprécier faire autrement ? etc.) de rencontres, avant même que la pratique du BDSM n’ait fait partie de notre relation.
Plusieurs semaines se sont écoulées avant qu’il m’invite et que j’accepte de passer la nuit chez lui. Ce soir-là, je n’étais pas très à l’aise et assez anxieuse, j’avais peur qu’il ait des attentes et je pense que je me suis un peu refermée. Il s’en est rapidement rendu compte et, au lieu d’être vexé, a ouvert la conversation, m’a proposé un thé et, ensemble, nous avons pris le temps de dénouer ce qui m’inquiétait et de revenir à une situation où nous nous sentions tous les deux à l’aise et complices, comme à notre habitude. Vous commencez à comprendre l’idée : les attentes et l’objectif, c’était qu’on passe un bon moment, pas de faire du BDSM.
Il s’est passé encore un long moment, pas mal de rencontres et encore plus de discussion avant qu’on envisage de tenter une petite session. Et, même là, rien n’a été précipité : nous avons tous les deux pris le temps d’évoquer ce que nous étions curieux d’explorer avec l’autre à ce stade de notre relation, les pratiques et les accessoires qui nous faisaient envie, pourquoi, comment…
Chose toute bête, mais qui a beaucoup compté pour moi : il souhaitait qu’on pratique l’anal sur lui. J’y étais tout à fait ouverte, mais pas à l’aise à l’idée de le pratiquer sans gants. Sans jugement ni impatience de sa part, il y a vu une belle opportunité de balade en ville et nous nous sommes mis en quête de gants à ma taille (que nous avons, d’ailleurs, finis par trouver).
Chaque moment qui pouvait ressembler à une session BDSM, même très court et simple, il le valorisait. Je n’ai jamais ressenti de pression à incarner un rôle de Dom de façon très sérieuse : je posais des questions au besoin, on plaisantait et cette complicité faisait pleinement partie de nos sessions. Ça ne brisait pas le mood, ça le renforçait. Et petit à petit, sans rien forcer, sans aucune pression, nous avons tout de même exploré un bon nombre de pratiques.
Cette relation a pris fin après à peu près un an, pour des désaccords n’ayant absolument rien à voir avec BDSM. J’en garde toujours un souvenir ému et il est certain que cette relation a eu un impact très fort dans la suite de ma pratique, en virtuel puis en réel.
Qu’est-ce que ça m’a appris ? Comment ça a changé ma façon de pratiquer ?
Cette relation m’a assurément permis de découvrir le plaisir de chercher la réaction de l’autre et de jouer avec ses sensations.
C’est, je pense, à partir de ma rencontre avec W que j’ai réellement investi ma pratique du BDSM en comprenant que mon plaisir et ma satisfaction aussi comptaient. Et que, parfois, du jeu en apparence très “simple” peut tout à fait apporter un plaisir profond et partagé.
Elle m’a aussi permis d’assimiler pleinement qu’un.e bon.ne Dom, en tout cas un.e Dom légitime, n’avait pas à être dans le sérieux et la performance en permanence : ce qui a fait la qualité de notre relation et de nos scènes, c’est la complicité que nous avons construite progressivement. Et cette complicité elle s’est basée sur et a été nourrie de nos vulnérabilités à tous les deux, de conversations ouvertes à propos de nos envies, de nos peurs, de nos doutes.
Je pense que c’est cette relation qui fait qu’aujourd’hui, même dans le cadre tarifé, même pour des relations que je sais éphémères (certains cherchent à construire quelque chose qui dure plusieurs années, d’autres ne voient pas plus loin que deux ou trois sessions, et c’est très bien aussi !) je valorise la création d’un lien sincère et complice dans mes rencontres BDSM. Un lien qui laisse une place à moi et à l’autre et à tout ce qui nous compose (doutes, peurs et traumas compris).
Lorsque j’ai “perdu la flamme” pour le BDSM et durant tout mon cheminement pour tenter de la rallumer (suivi par ma série d’articles éponyme), j’ai souvent pensé à cette relation, à comment elle m’a fait me sentir et à ce qu’elle a validé et renforcé chez moi. Elle est la preuve, je pense, que la performance et les protocoles ne font pas sens dans la (en tout cas dans ma) pratique du BDSM, si la communication et la complicité ne sont pas déjà bien ancrées.
Conclusion
Je ne sais pas si elles ont fait de moi une meilleure Dom, mais ce qui est certain, c’est que ces deux premières expériences de la domination en réel m’ont permis d’affirmer auprès de moi-même ce que je voulais que le BDSM me fasse ressentir et ce que je voulais faire ressentir en le pratiquant… ou même juste en en parlant.
Cet article vous biaise certainement un peu, parce que j’y ai relaté une expérience qu’on pourrait qualifier de très mauvaise et toxique et une autre très positive et saine. Mais je pense que, même si, bien entendu, repérer les red et les green-flags aide toujours un peu, le point de focus doit être plus fin que ça.
Parce qu’après tout, L comme W n’avaient certainement pas aussi bien conscience de leurs “red” et “green” flags. On a rarement vraiment conscience de nos comportements très sains ou très problématiques.
Ce que j’aimerais que vous reteniez ici, ce n’est donc pas “ça c’est méchant, ça c’est gentil”, “ça c’est bien, ça c’est pas bien”, “ça c’est green-flag, ça c’est red-flag” : c’est un bon début, mais cette dichotomie me semble peu constructive en soit.
En revanche, j’aimerais que vous repartiez avec cette réflexion (et pourquoi pas carrément la travailler au point d’en faire un réflexe) :
Dans mon BDSM, comment j’ai envie de me sentir ?
Comment j’ai envie que l’autre se sente ?
Et comment soutenir ça ?
Vous pouvez aussi appliquer cette question à des expériences BDSM et à des ressentis passés :
Comment je me suis senti.e dans telle situation BDSM ? Pourquoi? Et comment j’aurais aimé me sentir ?
Comment je pense (ou comment je sais, si iel vous l’a dit) que l’autre s’est senti dans cette situation BDSM ? Et comment j’aurais aimé la.e faire se sentir ?
Comment j’aurais pu mieux soutenir le fait que ça arrive ?